Le véganisme pour tous : omnivores, végétariens, véganes – Venez, on est bien !

YEAH! Mon amie et chroniqueuse préférée Amaia revient avec un nouvel article tout frais et passionnant. Prenez une pause entre deux mails, faites chauffer le thé et dégustez comme il se doit ces quelques lignes appétissantes 🙂

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Petites empanadas maison, allégorie de cet article : on en trouve fourrées avec de la viande,
au fromage, ou bourrées de légumes et de saveurs.

  • Le véganisme ?

Le véganisme fait de plus en plus parler de lui depuis quelques années, et le concept peut même se révéler clivant pour certains. D’un côté, ceux qui le pratiquent peuvent trouver difficile de voir que les évolutions en termes de droits des animaux se font bien trop lentement (en France, l’idée même d’un repas végétarien optionnel par semaine en cantine soulève déjà des discussions interminables). De l’autre, certains omnivores ne comprennent pas qu’on puisse leur reprocher leur consommation de produits animaux, notamment s’ils achètent bio ou local quand ils le peuvent. Si la poule est bien traitée et « heureuse », quel est le problème ? Si je consomme peu de viande, suis-je tout de même un odieux carniste ? Quid de ceux qui ont des allergies (noix, soja, poix chiches…) ou des intolérances alimentaires, et qui ne pourraient donc pas se permettre une alimentation végane variée ?

Dans cet article, je vais tenter de me montrer aussi objective que possible (la petite fibre scientifique fait des siennes), mais il s’agit surtout de traiter ces questions avec bienveillance.
N’étant pas végane, on pourra me reprocher d’aborder un sujet qui ne me concerne pas directement, mais pas d’inquiétude : dans un prochain article, la parole sera donnée aux véganes et végétariens, afin qu’ils nous parlent de leur vécu.
D’autre part, on ne pourra pas me reprocher de prêcher pour ma paroisse, HA ! Et pourtant, spoiler alert – mon très modeste point de vue est qu’il n’y a pas d’autre alternative pour notre futur qu’une alimentation végane, au minimum dominante (comme l’omnivorisme actuellement). Ce choix fait sens, tant sur le plan écologique que sur les plans éthique et philosophique.

Tout d’abord, commençons par rappeler quelques bases : il faut différencier certains régimes alimentaires faisant la part belle aux plantes, et le véganisme, qui est, lui, un véritable mode de vie.

Végétarisme (ovo-lacto) :
De façon générale, les végétariens ne consomment pas de chaire animale (viande, volaille, poisson, fruits de mer…) mais peuvent consommer des œufs et des produits laitiers, ou encore seulement des produits laitiers, ou bien uniquement des œufs.

Pescétarisme : Ce régime, très proche de l’omnivorisme, désigne une alimentation de base végétarienne à laquelle l’on ajoute la consommation de poissons et fruits de mer.

Fléxitarisme : Ce terme désigne une alimentation majoritairement végétarienne mais incluant de la chaire animale de façon occasionnelle, idéalement acquise dans des circuits courts (ou bio, si le budget le permet). En effet, on vit très bien sans manger de la viande quotidiennement. Il est à noter que ce terme fait débat, car certains reprochent aux fléxitariens de s’acheter une bonne conscience tout en restant omnivores. Il n’y a sans doute pas de réelle contradiction, car si le fléxitarisme se conjugue souvent au souci du bien-être animal, il se pratique généralement par conviction écologique (ou pour des raisons économiques), et non pas pour lutter contre l’exploitation animale.

Végétalisme : Ce régime se concentre exclusivement sur des produits d’origine végétale, et n’inclut donc aucun aliment d’origine animale.

Véganisme : En plus d’avoir une alimentation végétalienne, les véganes luttent contre l’exploitation animale par l’homme, et excluent donc autant que possible tout produit d’origine animale (miel, laine, cuir, plumes, perles…) ou testé sur des animaux. C’est donc un mode de vie qui dépasse la simple alimentation pour s’étendre au prêt-à-porter, à la cosmétique, aux loisirs, aux bijoux… L’idée est de refuser toute forme de souffrance animale.

  • Pourquoi devenir végane :

Il y a beaucoup de raisons qui peuvent pousser à adopter un mode de vie végane : la première, facile à identifier, est éthique : c’est la révolte contre la condition animale actuelle. L’industrie agroalimentaire, la fast-fashion, les habitudes sociales et familiales que l’on acquiert au cours de notre vie, le marketing – en somme, l’abondance partout : tout, dans nos sociétés occidentales, nous pousse à une surconsommation. En France, les animaux (de compagnie et d’élevage uniquement) n’ont été reconnus comme des « êtres vivants doués de sensibilité » qu’en… 2015. Et malgré cette modernisation ils sont malgré tout, au regard de la loi, toujours considérés comme des biens – au même titre qu’un meuble. Je répète : au même titre qu’un meuble.

Un second aspect peut pousser à faire le choix du véganisme : l’écologie sociale. Il ne s’agit pas d’un parti politique, mais bien d’une philosophie qui intègre la question sociale au respect de l’environnement. C’est l’idée que l’économie verte pourrait être la seule à même de permettre une progression des conditions de vie humaine à l’échelle mondiale.
Sans m’attarder sur la notion d’empreinte carbone, ou sur les ressources en eau nécessaires à l’industrie de l’élevage, j’aimerais mettre en valeur un point précis : l’étroite relation entre l’agriculture et l’élevage.
En 2013 (chiffres de la FAO), la production mondiale de biomasse (soja, maïs, blé, mais aussi légumineuses, fruits, noix…) pesait 10 000 Mt (ce qui correspond à environ 555 Mt de protéines végétales). 75% de cette production a servi l’industrie animale, et seulement 18% ont été destinés à l’alimentation humaine. Quand on sait que près d’1 personne sur 9 souffre de faim dans le monde, et que 50% de la population mondiale consomme moins de 25 grammes de protéines animales par jour (sachant que nous avons besoin d’environ 1 gramme de protéines de qualité par kg de poids corporel et par jour… Il y a comme un petit souci), on comprend que notre mode de consommation actuel n’est en aucun cas viable à l’échelle de l’humanité : la production animale a un impact négatif à la fois sur notre environnement, et pour l’Homme.

Enfin, on peut aussi faire le choix du véganisme (ou du végétarisme) pour sa santé, toute alimentation riche en produits végétaux (riches en fibres, vitamines, antioxydants, minéraux…) ayant un impact bénéfique sur nous. Cependant, si ce choix a du sens, il faut souligner qu’une alimentation omnivore, fléxitarienne ou pescétarienne riche en fruits et légumes aura les mêmes effets positifs.

  • Comment réussir sa transition végane ?

Je tiens à vous prévenir que l’on arrive dans la partie gênante de cet article ; celle où une omnivore patentée (je me soigne) va se permettre de donner des conseils pour réussir une transition végane. Ahem. Je vous laisse digérer cette idée (HA ! Quel talent pour les métaphores filées…).
J’espère vous rassurer en précisant que j’ai posé la question aux premiers concernés avant de rédiger cette partie ! On commence ?

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Prenez donc une petite pause goûter avant d’entamer la suite.

1. Identifier sa motivation
Si l’on Être conscient de ses motivations est sans aucun doute l’étape la plus importante, car elle permet de mieux supporter les moments les plus difficiles. Lorsque l’on n’a aucun doute sur son engagement et que l’on a clairement identifié ses priorités, il est plus facile de mettre en perspective tout passage à vide. Oui, c’est dur de refuser un plateau de fromage, mais se rappeler la raison à l’origine de ce choix permet de vaillamment résister sans (trop) verser de larmes.
Ce conseil ne s’applique pas seulement au véganisme, mais à toute décision susceptible d’avoir un fort impact dans votre vie. Petite astuce au passage : on peut considérer qu’on enrichi son alimentation et qu’on la diversifie, plutôt que de se concentrer sur ce que l’on choisit de ne plus consommer. L’auto-persuasion marche très bien. Courage !

2. Commencer par une alimentation végétarienne ?
Si l’on ne se sent pas encore prêt, si l’on a le moindre doute, il est possible de commencer tout doucement, et sans trop de pression, avec une alimentation végétarienne. C’est bien souvent plus simple à appréhender pour nous, petits omnivores sans doute pleins de bonne volonté, mais habitués à 2 cm de beurre sur nos tartines le matin.
Dans le cas où l’on continue donc temporairement à consommer des produits laitiers ou des œufs, l’idéal, si le porte-monnaie le permet, est de se fournir chez un petit producteur (AMAP) ou de privilégier un produit local. Cela ne changera rien au fait que ce que l’on consomme alors sera le fruit d’une exploitation animale, mais au moins cela se fait sans contribution à l’hégémonie économique d’une ferme aux milles vaches, et avec un impact écologique réduit.
Commencer tranquillement sa transition permet aussi tout simplement de rester zen, de progressivement remplir ses placards de quelques aliments essentiels, de repérer des recettes végétariennes et véganes en ligne, de s’habituer aux substituts de viande sans en faire une overdose, de s’habituer à cuisiner des choses différentes et de s’améliorer.
En bref : vous connaissez la fable de La Fontaine !

3. Cruelty-free !
Si vous avez une superbe écharpe en poil de yak ramenée du Népal et dont vous êtes fou (C’ETAIT UN CADEAU), ou du maquillage dont certains ingrédients ont probablement été testés sur des animaux dans vos placards, pas besoin de les jeter immédiatement. Si l’idée même de les conserver vous répugne, vous pouvez bien sûr les donner, mais rien ne vous empêche de finir vos produits actuels (pas de gâchis !). En revanche, pour les nouveaux achats, en route vers le cruelty-free : en ce qui concerne les habits, il existe énormément de marques « véganes », mais bien souvent beaucoup d’options sont envisageables dans les circuits classiques. The BodyShop ou Lush sont des enseignes où l’on peut acheter des produits les yeux fermés, et il existe de très nombreuses marques cruelty-free par ailleurs avec des compositions plus clean (tant qu’à faire).
A noter qu’en Europe, depuis peu, les tests de cosmétiques sur les animaux sont interdits, mais rien n’empêche en revanche l’utilisation d’un ingrédient qui aura pu être, par ailleurs, testé sur un animal.
Enfin, deux personnes merveilleuses, respectivement végane et veggie, sont à suivre si vous vous intéressez à la consommation slow et green : Coline de « Et Pourquoi Pas Coline », et Victoria de « Mango & Salt ». Je ne vous conseille pas notre chère Laura, vous êtes déjà au courant 

4. Doucement sur les légumineuses, les noix et le soja. En tout cas au début.
Oui, certes, je viens de citer le triumvirat, que dis-je ? La sainte trinité végane ! Nous sommes d’accord, le houmous c’est vraiment trop bon, et qui pourrait résister à de délicieuses noix de cajou ou à un tofu à l’ail des ours ? (ne froncez pas les sourcils, c’est divin).
Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux en termes de digestion, et une consommation soudaine et importante de légumineuses ou de noix risque d’être assez dure pour vos intestins dans un premier temps.
Petite recommandation, y aller progressivement, afin de s’habituer en douceur à ce changement, mais aussi pour se laisser l’occasion d’identifier une possible intolérance alimentaire.

5. Ah et au fait, en parlant de soja…
Il fait polémique depuis plusieurs années déjà. Ses bénéfices santé ont maintes fois été mis en avant chez les populations asiatiques, qui, grâce à quelques millénaires d’adaptation, ont un bagage enzymatique et un métabolisme parfaitement rodés à la consommation intensive de cet oléagineux.
Cependant, dans le cadre d’une alimentation occidentale, le soja fait débat en raison de son potentiel allergène et des isoflavones qu’il contient. Ces molécules, que l’on appelle phyto-œstrogènes, sont similaires à une hormone féminine : l’œstrogène, et c’est d’ailleurs pour cela que le soja est conseillé aux femmes ménopausées. Les isoflavones du soja sont soupçonnées chez la Femme d’interférer avec l’œstrogène (naturel ou de synthèse), et ainsi être à l’origine de problèmes hormonaux (absence de règles, par exemple). Chez l’Homme, c’est plutôt au niveau de la fertilité que le soja pourrait avoir un effet négatif.
Au regard des différentes études menées sur le sujet, l’ANSES déconseille ainsi la consommation de produits à base de soja chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez le nourrisson.
On recommande donc d’éviter de manger trop de soja (par exemple matin, midi et soir), mais c’est surtout une histoire de ressenti au cas par cas, car globalement la consommation ponctuelle de soja semble ne pas poser problème. Le soja reste un formidable outil dans une alimentation végane, car c’est l’une des rares sources de protéine végétale contenant tous les acides aminés essentiels pour l’Homme (voir le prochain article pour plus de détails sur le monde merveilleux des protéines).

6. MAIS OUI, vous pouvez vivre sans fromage
Vraiment. Et en cas de crise de manque aigüe, les faux-mages se révèleront être vos meilleurs amis. Ils sont chaque année plus gourmands, grâce aux industriels mais aussi grâce aux petites entreprises innovantes, qui travaillent dur dans ce domaine pour proposer de véritables alternatives aux fromages (et empocher vos sous, bien sûr).
Certes, on n’a pas encore atteint le saint graal du substitut de fromage fondu parfait (pour pizza ou pâtes réconfortantes), car les propriétés des caséines du lait sont assez uniques. En revanche les imitations de fromage à tartiner, et de fromages façon bleu ou brie frôlent la perfection.
D’ailleurs, je parle ici uniquement de fromages, mais on peut étendre le spectre à tous les produits laitiers : goûtez donc un yaourt au lait de coco, ou un cheesecake fait à partir de noix de cajou et de tofu soyeux. Juste. Trop. Bon.

7. Apprendre à cuisiner, ou retrouver le goût du fait-maison (si vous avez la chance d’avoir de quoi cuisiner à peu près décemment chez vous)
Très basique, n’est-ce pas ? J’ai hésité à ajouter ce point dans cette liste, car on le sait tous : savoir/aimer cuisiner, c’est un gage de réussite dans toute transition alimentaire, qu’il s’agisse de manger plus sainement ou de devenir végane. Se réconcilier avec la cuisine permet d’une part d’économiser de l’argent, et d’autre part de se régaler tout en contrôlant l’origine de ce que l’on met dans son assiette (bio, végane, de proximité…).
A propos d’assiette, ce n’est pas parce que l’on mange végane que l’on se prive des petits plaisirs culinaires de la vie (outre le faux-mage, s’entend), bien au contraire. La pâtisserie et les desserts véganes sont délicieux, et très faciles à faire. Internet regorge d’ailleurs de recettes décadentes…
D’ailleurs, la cuisine a autant de bénéfices en termes de bien-être psychologique que toute autre activité créative (musique, peinture, chant, dessin…), alors au moment de votre prochain dimanche de la loose, vous pouvez essayer de vous mettre à mijoter quelque chose.
Je l’ai déjà recommandé, mais il est urgent que vous fassiez un tour sur la chaîne Youtube de Guilhem, Hangover Cuisine, qui est sans doute l’illustration même de la quintessence du cosy en cuisine. En plus, il y a quelques recettes véganes, ou facilement végétalisables. Oui je salive rien qu’en y repensant.

8. Ne JAMAIS culpabiliser
T’as craqué ? T’as boulotté un kouign amman lors de tes dernières vacances en Bretagne ? T’étais en période d’examen et tu as ouvert une boîte de thon pour te donner de l’énergie ? Tu as pris un thé au miel en terrasse, avant de réaliser TA TERRIBLE ERREUR ? Ou bien tu es redevenu végétarien / fléxitarien à cause de problèmes de santé ?
Pas.
De.
Stress.
L’humain n’est pas infaillible, et vraiment, personne n’a jamais mortellement trahi ses idéaux via un petit dérapage. Il n’y a pas de culpabilité à avoir non plus si un éventuel problème de santé survient (que ce soit hormonal, digestif, une allergie…). Au contraire, prenez soin de vous.
You do you
.
Un changement durable se fait dans la sérénité, et parfois le chemin peut s’avérer un peu mouvementé. L’important, c’est de pouvoir se remettre en selle en cas de sortie de route, et de continuer à tenter de rendre ce monde meilleur, à notre très modeste échelle.

Enfin, n’hésite pas à m’écrire (berlande.cie@gmail.com) si tu es végane ou veggie, je recueille actuellement toujours des témoignages pour un futur article sur vos expériences.

A très bientôt pour la suite de cet article !

Amaia

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